Bourse : le retard des marchés européens
Tout d’abord, la situation des marchés
Le second trimestre s'annonce favorable, la reprise se précise aux yeux de Wall Street. Les opérateurs ont bien accueilli les publications officielles rassurantes sur l'emploi, le nombre en baisse d'inscriptions hebdomadaires au chômage, la reprise des activités dans les services et les industries manufacturières. Seule ombre au tableau : le risque inflationniste avec la forte hausse du pétrole (proche des 87 dollars en début de semaine à New York). Le mois de mars a été un bon cru pour les marchés financiers, le CAC40 a progressé sur les 5 semaines de mars malgré les inquiétudes pesantes sur les finances de certains pays de la zone Euro et notamment de la Grèce.
En revanche, le début de semaine s’est déroulé sous le signe des prises de profits, même si ces dernières sont encore relativement maîtrisées. En effet, après avoir inscrit sa meilleure clôture de l'année mardi 6 à 4054, le CAC40 est reparti en baisse sous la pression d’une rumeur - plus politique que financière – concernant le plan de sauvetage de la Grèce.
En outre, les publications de ce début de semaine sont sans surprises mais peu engageantes. En effet, les investisseurs ont porté leurs attentions sur la baisse du crédit à la consommation qui ramène les encours à -5,6% (11 milliards de dollars) en février - en clair, les ménages réduisent encore l'usage du crédit - et les déclarations de l'OCDE qui signale un possible ralentissement de la reprise durant le premier semestre en Europe, aux US et au Japon. L'organisme prévoit que les pays du G7 devraient ainsi enregistrer une croissance de 1,9% au premier trimestre en rythme annuel et de 2,3% au deuxième trimestre, à comparer avec 3,7% au dernier trimestre de 2009. Ces éléments seront des prétextes supplémentaires pour accentuer les prises de bénéfices. Notons toutefois que les indices US ont enregistré une série de hausse considérable à l'image du Nasdaq qui affiche 31 hausses sur une série de 38 séances consécutives, un fait sans équivalent depuis la création de l'indice. Or, comme chacun sait, les marchés n'évoluent jamais en ligne droite à la hausse comme à la baisse, il y a des pauses ou des sursauts. Le moment est « peut être » à la pause après une longue série de franchissements de sommets...
Le Pull Back (retour technique) se confirmera jeudi pour les indices européens, le CAC40 pliera sous la pression vendeuse, il abandonne 1,20% pour clôturer à 3978 points. Néanmoins, si la situation pesante de la Grèce et une hausse inattendue du nombre de nouveaux chômeurs US ont incité les opérateurs à prendre leurs profits. Ces derniers ne croient visiblement pas à un éventuel défaut de paiement de la Grèce, à juste titre "peut être", pensant que le fond du problème n'est autre qu'une négociation sur la valeur des taux d'intérêt car les solutions de soutien - ou de sauvetage - existent. En revanche, les chiffres mensuels des ventes des chaînes de magasins, meilleurs qu'attendu, ont permis de faire la distinction entre les éléments de la reprise et les négociations gouvernementales. Ainsi, les marchés ne succomberont pas à aux velléités vendeuses pour effectuer un vif rebond en fin de semaine et récupérer la totalité des pertes de la veille. La semaine se finit une nouvelle fois dans le vert malgré un violent décrochage, le CAC40 clôture vendredi à +1,81% et à 4050 points (à 4 points de sa meilleure clôture annuelle) avec une performance hebdomadaire à +0,4%.

Le retard des bourses européennes
Le premier trimestre aura été plus favorable aux actions US qui affichent des valorisations plus élevées que celles du vieux continent. Néanmoins, même si la Grèce suscite encore des inquiétudes, les craintes sur ses dettes souveraines ont toutefois diminué d’un cran car les solutions en dernier recours existent, j’ajoute que l’absence de ses solutions avait provoqué un trou d’air après 10 mois de hausse consécutive (depuis mars 2009). Par ailleurs, la faiblesse de l’euro ouvre la voie vers une reprise de la revalorisation des titres. On pourra également noter que les craintes autour des déficits publics avaient induit une anticipation d’un sombre scénario, ce qui a l’avantage à présent d’offrir des opportunités d’achat. En outre, les environnements macroéconomiques rassurants et les résultats encourageants des entreprises favorisent le retour des investisseurs sur le marché des actions. En chiffre, on pourra par exemple relever que l’indice Euro Stoxx 50 a perdu 1,2% sur le 1er trimestre, tandis que le Dow Jones et le S&P500 gagnaient respectivement 4,1 et 4,9%. Par ailleurs, selon Thomson Reuters, les valeurs de l’indice Euro Stoxx 50 se payent 14,1 fois leurs bénéfices contre 17,5 fois pour leurs homologues du S&P500 soit 20% de décote et 16,6 fois pour les valeurs du Dow Jones soit 15% de décote. Autre point significatif, l’intérêt évident des brokers et autres sociétés d’investissement pour les valeurs exportatrices de la zone. C’est ainsi qu’on trouvera par exemple parmi les valeurs vedette Technip, Vallourec, LVMH qui réalisent plus de 60% de leur chiffre d’affaires en dollar, ou bien encore EADS, sensible aux variations monétaires, qui a enregistré près de 30% de hausse par rapport à novembre grâce au poids du dollar. Un bol d’air bien utile pour le vieux continent…
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